Publié le 07/10/2026
Coopération internationale, Outre-mer, Europe, océan Indien : la semaine dernière, SHAMA – Réseau régional multi-acteurs de Mayotte a participé à plusieurs temps forts consacrés à l’avenir de la coopération territoriale. De Paris à Strasbourg, ces rencontres ont permis de renforcer les liens entre les RRMA, de travailler à la territorialisation des dispositifs de coopération et de réaffirmer la place des territoires ultramarins dans les dynamiques européennes et internationales.
Les Réseaux régionaux multi-acteurs (RRMA) jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans l’animation des écosystèmes de coopération internationale en France. Ils réunissent une grande diversité d’acteurs : collectivités locales et territoriales, associations, ONG, universités, établissements publics, entreprises, acteurs de l’économie sociale et solidaire, comités de jumelage, collectifs citoyens ou encore diasporas.
Cette diversité constitue l’une des principales richesses des RRMA. Elle permet de croiser les expertises, de mettre en relation les acteurs et de faire émerger des projets de coopération adaptés aux réalités des territoires.
Pour SHAMA à Mayotte, cette capacité à faire réseau est particulièrement importante. Situé au cœur de l’océan Indien et appartenant à l’Union européenne, Mayotte dispose d’une position singulière pour développer des coopérations avec son environnement régional tout en renforçant les liens avec les dynamiques européennes.
La semaine a débuté à Paris, avec une journée de travail consacrée aux enjeux spécifiques des coopérations ultramarines.

Le lundi matin, SHAMA, aux côtés des autres RRMA ultramarins, de la CIRRMA et de la Direction générale des Outre-mer (DGOM), a participé à un temps d’échange consacré à la place des territoires ultramarins dans les dynamiques de coopération.
Quatre mots ont particulièrement structuré les échanges : ancrage, intégration, ouverture et coopération régionale.
L’objectif était notamment de réfléchir à la manière dont les dispositifs européens, nationaux et régionaux peuvent mieux répondre aux réalités des territoires ultramarins et contribuer à renforcer leur intégration dans leur environnement géographique.
Pour Mayotte, cette réflexion est essentielle. L’ancrage dans l’océan Indien constitue une réalité géographique, historique et humaine qui doit pleinement trouver sa traduction dans les politiques de coopération. L’enjeu est de pouvoir développer une coopération qui parte des territoires, de leurs acteurs et de leurs besoins, tout en permettant de mieux mobiliser les opportunités offertes par l’Union européenne et les dispositifs nationaux.
Cette approche invite également à penser la coopération régionale comme un véritable levier d’ouverture, de résilience et d’intégration territoriale.
Les échanges se sont poursuivis l’après-midi à la Maison de Mayotte / Délégation de Mayotte à Paris, avec les RRMA ultramarins, autour notamment du renouvellement du programme CORÉOM, cofinancé par l’Agence Française de Développement (AFD) et la Fondation de France.
Un enjeu central a été placé au cœur des discussions : la territorialisation du programme, afin de mieux prendre en compte les réalités, les besoins et les dynamiques propres à chaque territoire ultramarin. Cette territorialisation est une condition importante pour permettre aux acteurs locaux de s’approprier pleinement les dispositifs et de renforcer les écosystèmes de coopération dans les territoires.
SHAMA remercie la Maison de Mayotte / Délégation de Mayotte à Paris pour son accueil et la qualité de ces échanges.
Cette première journée a ainsi permis de poser les bases d’une réflexion qui s’est poursuivie à Strasbourg : comment mieux articuler l’ancrage territorial, la coopération régionale et les opportunités européennes pour faire des Outre-mer de véritables acteurs de la coopération internationale ?
Après Paris, direction Strasbourg pour les 3es Assises des RRMA et les Rencontres techniques de la CIRRMA. Pendant trois jours, les représentants des réseaux se sont retrouvés autour de débats, d’ateliers, de formations, d’échanges de pratiques et de temps de co-construction.
Ces rendez-vous sont devenus essentiels pour les RRMA. Ils permettent de prendre du recul sur les réalités quotidiennes, de partager les expériences et de mutualiser les savoir-faire. Dans un contexte où les cadres de la coopération internationale évoluent et où les financements sont plus contraints, ces temps collectifs prennent une dimension particulière.
Ils permettent surtout de rappeler une conviction commune : faire réseau est plus que jamais nécessaire.
Le mardi, les échanges ont notamment porté sur la place des territoires dans l’Europe de la coopération.

Tommy Rizo, chef du Bureau des affaires européennes et internationales de la Direction générale des Outre-mer, a participé à la table ronde « Quelle place pour les territoires dans l’Europe de la coopération ? », consacrée à la reconnaissance des territoires comme acteurs à part entière de la coopération internationale et européenne. Son intervention a permis de croiser les regards sur les spécificités ultramarines. Les territoires ultramarins se trouvent en effet au croisement de plusieurs dynamiques : politique de cohésion européenne, statut de région ultrapériphérique, programmes Interreg et coopération régionale avec leurs territoires voisins.
Pour Mayotte, cette articulation entre dimension européenne et environnement régional constitue un enjeu majeur.
L’appartenance à l’Union européenne ne doit pas être pensée indépendamment de l’ancrage géographique du territoire. Au contraire, ces deux dimensions peuvent se renforcer mutuellement. Mayotte peut ainsi être pleinement actrice de la coopération européenne tout en développant des partenariats avec les pays et territoires de l’océan Indien.
Les échanges de Strasbourg ont également permis de rappeler la spécificité des territoires ultramarins dans la construction européenne. Les régions ultrapériphériques disposent d’une situation géographique particulière qui peut être considérée non seulement comme une contrainte, mais aussi comme un levier de coopération.
L’éloignement, l’insularité ou les spécificités géographiques sont autant de réalités qui nécessitent des politiques adaptées. Mais la proximité avec des espaces régionaux stratégiques offre également des possibilités importantes en matière de coopération. Dans l’océan Indien, les coopérations portées par les acteurs des territoires européens peuvent ainsi contribuer à renforcer les échanges, l’innovation, la résilience et la compréhension mutuelle.
Pour SHAMA, l’enjeu est de faire en sorte que Mayotte soit pleinement reconnue comme un territoire européen ouvert sur son environnement régional.
La Déclaration de Strasbourg vient réaffirmer cette ambition collective.
Les RRMA y portent une vision de la coopération internationale fondée sur les territoires, les partenariats et la capacité des acteurs locaux à construire ensemble des réponses aux enjeux contemporains. Cette approche rejoint pleinement la raison d’être des réseaux : créer des ponts entre les institutions, les associations, les citoyens et les acteurs économiques ; favoriser le partage d’expériences ; accompagner les initiatives ; et faire émerger de nouvelles coopérations.
La coopération internationale ne se construit pas uniquement au niveau national ou institutionnel. Elle se construit aussi dans les territoires, au plus près des acteurs et des citoyens.
Les Rencontres techniques inter-RRMA ont prolongé ces réflexions par des ateliers, des formations et des échanges de pratiques. Ces temps de travail permettent aux équipes des réseaux de confronter leurs méthodes, de partager leurs outils et d’imaginer collectivement de nouvelles réponses aux enjeux auxquels sont confrontés les acteurs de la coopération.
Cette dimension technique est complémentaire de la dimension politique portée lors des Assises. Les RRMA sont à la fois des espaces de réflexion, d’animation territoriale, d’accompagnement et de mise en réseau. Leur expertise constitue une ressource essentielle pour les territoires.

Pour SHAMA, l’ensemble de ces rencontres constitue une occasion de réaffirmer la place de Mayotte dans la coopération internationale.
Le territoire possède une position stratégique dans l’océan Indien. Son appartenance à l’Union européenne et son environnement régional offrent des possibilités importantes de coopération.
Mais pour transformer ces opportunités en projets concrets, les acteurs doivent pouvoir disposer d’un environnement favorable : des dispositifs lisibles, des financements adaptés, des partenariats solides et des réseaux capables de les accompagner.
C’est précisément l’une des missions de SHAMA : mettre en relation, accompagner, valoriser et contribuer à structurer l’écosystème de la coopération internationale à Mayotte.
De Paris à Strasbourg, ces rencontres ont finalement rappelé une chose essentielle : les réseaux ne sont pas simplement des structures ou des dispositifs. Ils sont avant tout des communautés d’acteurs et d’engagement.
À travers les RRMA, les territoires peuvent partager leurs expériences, mutualiser leurs compétences et porter collectivement une vision de la coopération internationale.
La coopération se construit dans la durée. Elle nécessite de la confiance, des moyens, des partenariats et une capacité collective à innover.
De Mayotte à l’Europe, en passant par l’océan Indien, continuons à créer des ponts, à faire circuler les idées et à construire des coopérations qui rapprochent les territoires.
🌍 Faire réseau, c’est déjà coopérer.
Synergies et Horizons d’Acteurs – Mayotte est le réseau régional multi-acteurs de Mayotte. C’est une plateforme multi-acteurs qui réunit et soutient les acteurs mahorais engagés dans la coopération et la solidarité internationales dans une logique de subsidiarité, d’échanges et de travail collaboratif.
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